Fin mai 2024, je m’élançais sur mon deuxième challenge d’ultracyclisme organisé par l’asbl Bikeway to Hell. Le but ? Traverser la Belgique d’Ostende à Virton. 360 km à faire en 24h.
Préparation vous avez dit ?
En avril 2024, je suis partie 10 jours sur les routes dans le but d’avoir des vacances à vélo mais aussi pour mettre des kilomètres dans les jambes. Je n’avais plus roulé de longue distance depuis l’été 2023 et ma North Cape. L’idée était donc d’avoir des jours plus longs en début de voyage et puis des jours plus relax. La météo a contrecarrée tous mes plans, et au final, j’aurai fait un peu plus de 900km en 10 jours. Avec l’étape la plus longue qui faisait 123km. Bien loin donc des kilomètres à faire sur la Diagonale. Mais tant pis, je décide quand même de me rendre à Ostende le 31 mai 2024.
L’attente du départ
Pour une fois, la SNCB était à l’heure et il y avait largement la place pour embarquer tous les vélos. J’ai retrouvé une quinzaine de comparses dans le train et le voyage jusqu’à Ostende s’est bien déroulé. Moment un peu gag à l’arrivée où tout le monde se dit qu’il va suivre quelqu’un d’autre alors que personne ne sais où est le départ. De vrais touristes ! Nous rejoignons tous la digue pour nous présenter et puis, une fois les stickers collés sur le vélo et les sacs déposés, il faut attendre. Les 2h passées dans le vent nous font dire que nous serons ravis d’avoir le vent de dos et non pas de face. Sentiment confirmé par les rouleurs de la toute grande distance qui viennent de faire 195 kilomètres dans des conditions météo exécrables. Je fais le choix de m’emballer totalement, pantalon Kway inclus, afin de ne pas prendre froid à attendre. Enfin vient le moment du petit briefing puis de la mise en place pour le départ. Il se donne par groupe de cinq. Je joins d’autres cyclistes que je ne connais pas en sachant pertinemment bien qu’ils iront trop vite pour moi.



Départ de feu !
Nous quittons rapidement Ostende sur le coup de 19h48 et découvrons de chouettes itinéraires cyclables comme nos amis du nord savent si bien faire. Le vent de dos nous pousse et, cachée dans les autres, j’avance vite. Le compteur va grimper jusqu’à du 24km/h de moyenne. Bien loin de mes 18-20km/h habituels. Je vais tenir 45 min puis un point de côté fera son apparition. Allé, assez déconné. Je lâche les autres et ralenti le rythme. Je me fais remonter progressivement par les autres participants mais c’est nettement moins rapide que sur l’Horizontaal !
Je vide rapidement mes deux gourdes et profite d’une friterie pour refaire le plein. La dame a essayé de me vendre deux bouteilles d’eau et j’ai dû insister pour avoir l’eau du robinet. 4€50, les 50cl de Cristalline, il ne faut pas abuser !
La nuit s’installe doucement. Je dois à plusieurs reprises allumer mon phare à la pleine puissance car il fait vraiment noir. J’écoute l’Heure H mais je tombe sur une série de podcasts parlant de tueurs en série. Hum, ce n’est pas très malin. Au milieu de nulle part avec le noir complet et avec ça dans les oreilles, mon cerveau cogite de trop.
A 2h30, je baille. Je trouve un coin à l’abri du vent à Lessines et dort 15 minutes. Juste avant un spot ou deux bénévoles attendant les participants. Ils pensent que j’ai un problème mais je les rassure. Sorry les gars, j’avais besoin d’une power nap.
Deux heures après être repartie, les choses se corsent. Mes yeux commencent à se brouiller. Je refais 15 min de sieste à 4h30 mais rien n’y fait. J’attends le jour avec impatience en me disant que cela va aider. Ce n’est pas le cas.



That’s all folk !
Alors que j’entame une descente vers la portion dangereuse du trajet (trous dans la route, rail de tram et pavés), je réalise que je me suis endormie sur le vélo. C’est grâce à un trou dans la route qui m’a secouée que je le réalise. Je suis à 50m d’un tracteur qui fait quelque chose sur le bas-côté gauche. Avec des voitures qui arrivent en face … Il me faut encore 200m pour réaliser qu’il y a un homme au milieu de la route et qu’il me fait des grands gestes. C’est un organisateur et il se demandait pourquoi je ne ralentissais pas. Je ne t’ai pas vu mon gars … Je vois qu’il est à côté d’une voiture sur laquelle il y a un vélo de chargé, mais je ne vois pas le cycliste. L’organisateur m’explique qu’il y a eu plusieurs chutes sur la prochaine portion et que quelqu’un a été emmené à l’hôpital. Ha. Il me demande pourquoi je ne ralentissais pas. Je lui explique. Il n’est pas confiant et pense que c’est plus sécurisant si je m’arrête. Il m’apprend aussi qu’il y a encore deux participants derrière. Ah bon, je ne suis pas la dernière ?!
La fine pluie qui tombe depuis une heure aide à me décider. Ok, j’abandonne. Je n’ai vraiment pas envie de finir sous la pluie, monter la tente à Virton sous la pluie et dormir sous la pluie. Clairement, je choisi la facilité. J’aurai fait 173km en 10h12 (1h04 de pause). Pas mal.
Nous allons ensemble au CP, chargeons deux autres cyclistes et leur vélos puis direction Ottignies pour le train. Je vais dormir tout le long du trajet en voiture. Je ferai une sieste de 4h en rentrant à la maison.
