2024 a été l’année des petits défis. Après la Diagonale, j’avais choisi de participer à Liège-Bouillon-Liège. La petite version de Liège-Paris-Liège. Trois jours pour parcourir 500 kilomètres.
La préparation
A part les vacances en avril et la Diagonale, je n’ai pas fait de préparation spécifique pour ce challenge. Depuis le 1er juillet, j’étais de retour partiellement sur le vélo au travail. Cela veut dire que je faisais facilement 50 km en plus par semaine dans Bruxelles avec un vélo cargo chargé. Naïvement, je pensais que ça allait me permettre de retrouver un minimum de forme. Cela a peut-être été un peu le cas, mais pas assez pour aller faire les 7000 m de dénivelé présents sur les 500 km du parcours. À côté de cela, la mauvaise météo m’a empêchée de faire autant de roller qu’en 2023. Ce qui fait que les cuisses n’ont pas beaucoup travaillées.
Le moment de stress
Sur le papier, c’était possible : 3 jours pour parcourir 500km. Avec du dénivelé, mais c’était jouable. J’étais confiante. Jusqu’à ce que l’on reçoive la trace imposée couvrant la deuxième partie du trajet. Elle faisait 400km. Du coup, avec ce que j’avais prévu, c’était quasiment 600km à parcourir en 3 jours… J’ai pensé un instant me désinscrire, mais si on ne choisit que la facilité, on n’apprend jamais rien. Mon cerveau planifie même une journée au finish avec un départ à 4h du matin. Il faut ce qu’il faut pour finir dans les temps !
Le briefing à Liège ayant lieu en fin d’après-midi le jeudi 22 juillet, j’avais largement le temps d’y aller à mon aise et d’avoir des soucis avec le train. Mais, aucun problème à la SNCB pour une fois. Par contre, quel enfer Liège ! Encore pire que Bruxelles en terme de travaux et d’infrastructures cyclables ! J’arrive à l’auberge de jeunesse pour faire mon check-in assez rapidement puis commence l’attente. Le moment que je déteste le plus dans tous les challenges. Je retrouve quelques personnes présentes sur la Diagonale et on discute tranquillement. Le briefing est vite fait. Il est ensuite temps de manger quelque chose et me mettre au calme dans la chambre. J’ai dormi 9h la nuit précédente et fait une sieste d’1h avant de prendre le train. Même si je fais une mauvaise nuit avant la course, comme j’en ai l’habitude, je serai moins fatiguée.



C’est l’heure
Le réveil à 4h45 se passe bien le vendredi. La montre me dit que j’ai dormi 7h20, mais j’ai le sentiment de n’avoir dormi que 6h. A 5h05, je pénètre dans la cantine pour manger. A 5h30, je suis prête. Le stress monte… mon cœur s’emballe. Avec le capteur cardiaque, je vois que je suis biiiien trop haut ! 160 BPM alors que je suis assise sur une chaise … bref, il est temps que l’on parte ! Le départ est groupé mais la rue Pierreuse va faire éclater le groupe. Elle a beau être iconique, je m’en serai bien passée ! Je suis déjà à bout de souffle alors que ça a à peine démarré. Je fini en poussant le vélo.
Ensuite, je me mets en route pour le premier parcours obligatoire à Dinant. J’ai fait le choix de faire 15 kilomètres en plus pour 300m de D+ en moins. Je longe donc la Meuse. Avec un vent de face bien entendu … Mais, j’arrive à garder une moyenne de 19km/h et à trouver un bon rythme pour les jambes. Je me sers du capteur de cadence pour adapter mes vitesses face au vent. C’est la première fois que je l’utilise autant et j’avoue que j’ai trouvé ça pratique sur le moment même. Je m’autorise 5 minutes de pause après 100km.



Le début des ennuis
J’arrive à Dinant bien motivée et en ayant faim. Pour découvrir que la sandwicherie que je visais est fermée. Et je suis du mauvais côté de la Meuse, donc je fais un détour pour rejoindre la trace imposée. Au moins, je trouve un Delhaize et arrive à me ravitailler. Je plie les courses en 15 minutes et suis prête à repartir. Je suis satisfaite de voir que j’ai 1h30 d’avance sur mon horaire alors que j’entame l’ascension de la Montagne de la Croix. Je fini aussi en poussant le vélo et m’accorde 20 minutes de pause en haut pour manger. Ensuite, commence le dénivelé quasi constant jusqu’à Bouillon. Je m’en sors pas trop mal et ne met pied à terre que quand le pourcentage est au-delà des 6%.
Je suis occupée à finir une longue montée ennuyante et dangereuse quand les premières douleurs apparaissent. Pour me sortir du trafic de voitures, qui roulent vite à cette sortie d’autoroute, je dois pousser un peu plus fort sur les pédales. Subitement, je ressens une douleur très vive. Comme si on me poignardait dans le genou gauche. Je n’ai pas souvent mal, mais ça, je le sens ! Je déclipse directement mon pied pour le laisser libre, mais la douleur reste. Je prends un Nurofen et met l’attelle pour museler la douleur et arriver à rouler. Ce n’est pas la meilleure idée me direz-vous, mais je n’ai fait que 108km sur cette aventure qui en compte 600 et je ne me vois pas abandonner. La douleur met 2h à réapparaitre et n’a plus la même forme. Elle revient sous la forme d’une gêne moins ennuyante mais permanente.
C’est accompagné de cette gêne que je découvre une Wallonie que je ne connaissais pas et qui est fort plaisante. J’alterne entre chouettes petits routes, des chemins, un Ravel et un pré-Ravel. J’ai quelques traversées et passage inévitables sur des nationales mais tout se passe bien. Bien sûr, j’ai quand même droit à quelques camions qui passent trop vite et trop prêt. Mais, je ne suis pas jetée au sol par le souffle de leur passage donc j’estime que c’est acceptable.
J’avais repéré un petit magasin à Carlsbourg comme dernier ravitaillement du jour et je suis déçue. Il est bien moins achalandé que ce que j’espérais. Je devrais me contenter d’une boite de raviolis au soir.



Je jette l’éponge
La descente sur Bouillon est vertigineuse et me fait craindre le début de journée du lendemain. Cela va monter très raide me dis-je. J’entame le début de la trace imposée même si je sais que loger à l’auberge de jeunesse m’en fera sortir. Mais, c’est déjà ça de fait. La mauvaise surprise viendra de ma descente de vélo en arrivant à l’auberge. Mon genou lâche sous moi. Descendre les escaliers est un enfer. C’est comme si le haut de ma jambe passait à travers mon genou et tape contre mon tibia. C’est comme si l’entièreté du genou n’existait plus. J’ai juste deux bâtons qui me servent de jambe. Je me dis qu’il y a un problème. Je fais mon check in et manque encore de tomber en allant au parking vélo. Une fois au calme dans la chambre, j’inspecte la zone problématique. Ce n’est pas vraiment gonflé et ce n’est pas rouge. Je mets du Voltaren mais commence à me dire que ça craint. J’essaierai bien de continuer, mais si je n’ai plus de genou et suis à l’arrêt, cela veut aussi dire que je ne sais plus travailler … Pour le coup, je me dis que ce n’est pas pratique d’avoir un métier qui dépend comme ça de mon état physique. Je fais donc appel à ma voix de la raison : mon homme. Sa conclusion est sans appel : continuer à rouler, et probablement ruiner mon genou, juste pour dire que j’ai fini ou arrêter et aller voir un médecin ? Il me faudra une dizaine de minute de réflexion pour décider que j’arrête.
Très bien, la décision est prise. Comment est-ce que je rentre ? Il semble y avoir quelques bus dans la région ou alors je fais 12km jusqu’à la gare la plus proche. Mais, mon copain qui connait la région, me dit que les 12km ne vont pas être de tout repos et que ça va grimper assez fort. Je repense à la magnifique descente jusqu’à Bouillon et grimace en me disant que si je dois monter ça à pied, j’en ai pour des heures. Encore une fois, c’est lui qui va avoir la solution : il va venir me chercher en voiture et nous irons ensemble à Liège rendre le traqueur et récupérer mon sac (avec mes clés de la maison dedans !).
Visite chez le doc
Pour une fois, j’arrive à avoir un rendez-vous assez vite chez mon médecin, le mercredi suivant. Mon genou se comporte encore très bizarrement le samedi mais nettement moins le dimanche. La douleur s’estompe au fur et à mesure que les heures passent. Quand j’arrive chez mon médecin le mercredi, je n’ai plus aucune douleur. Ce qui ne l’aide pas à trouver le souci. Donc, il me prescrit une IRM. Que j’arrive à faire le lendemain ! Elle va révéler du calcium sur les enthèses de mon genou. On découvre aussi une usure inhabituelle des os de la région pour cause de « sur-utilisation ». Bah ouai, je fais du vélo quoi. Sans le calcium, on parle juste d’une tendinite, mais à cause de lui, c’est une enthésopatie calcifiante. Rien de bien dramatique. Le docteur me prescrit 9 à 18 séances de kiné pour aller fragmenter le calcium et que mon organisme l’absorbe naturellement. Je dois aussi apprendre des exercices de renforcement musculaire et d’étirement.
J’arrive à avoir un rendez-vous chez la kiné deux semaines plus tard mais j’entendrai un tout autre son de cloche. Pour elle, nul besoin de tout cela. Juste des exercices et cela suffira. Ha. Elle dit même que ça ne sert à rien de faire une autre séance et me montre les exercices à faire. Je ne sais pas sur quel pied danser. Qui croire ?
Parallèlement à cela, je décide de faire un bike fitting car je crains de ne pas avoir réglé mes cales comme il faut. Il va révéler cela mais aussi une selle trop haute qui fait que je suis en full extension de la jambe gauche. Cela n’a pas aidé …
Au final, j’aurai fait 184km en 12h40 (1h39 de pause). Ce fut un DNF plein d’enseignement !
Hello Bullit, Je ne sais pas pour la Belgique mais en France mon médecin m’avais prescris 12 seance de kiné pour le genoux et le kiné ne m’en a fait faire que 4. Effectivement c’était surtout du coaching e mouvement à faire. Et il m’a renvoyé chez moi avec les mouvements en me disant que si ça ne réglait pas le problème d’ici 2 mois, l’ordonnance est valable 1 an il suffit de revenir en décomptant les séances déjà effectuées.
Sinon dans un tout autre sujet: Est ce que on pourrait profiter de ton blog dans le fediverse aussi grâce à ce plugin https://wordpress.org/plugins/activitypub/ ? 😁